Embolisation : qu’est-ce que c’est et dans quels cas est-elle proposée ?

par | 15 septembre 2026 | Traitements par embolisation

Votre médecin généraliste ou un spécialiste (urologue, gynécologue, médecin vasculaire, rhumatologue, chirurgien orthopédique, sexologue) vient de vous parler d’une embolisation ? Ou vous cherchez, de votre côté, une alternative à la chirurgie pour traiter un fibrome, un adénome de la prostate ou une varicocèle ?

Cette proposition soulève forcément des questions. En quoi consiste ce traitement ? Est-il douloureux ? Quels sont les risques ? Comment se déroule la journée ?

Dans cet article, je vous explique ce qu’est l’embolisation, dans quels cas ce traitement mini-invasif est proposé, et comment se déroule concrètement l’intervention, de la consultation avec le radiologue interventionnel à la reprise de vos activités.

Qu’est-ce que l’embolisation ?

L’embolisation est un traitement mini-invasif qui consiste à boucher, de façon ciblée, un ou plusieurs vaisseaux sanguins pour traiter une pathologie.

Le principe varie selon le type de vaisseau ciblé. Dans une embolisation artérielle, on bouche l’artère qui alimente une lésion : un fibrome, un adénome de la prostate. Privée de son apport de sang, la lésion régresse progressivement. Dans une embolisation veineuse, la logique est inverse : on bouche une veine responsable d’un reflux sanguin anormal (comme dans la varicocèle, les varices pelviennes ou certaines fuites veineuses) pour arrêter ce reflux, qui provoque le dysfonctionnement de l’organe.

Schéma comparant l'embolisation artérielle, qui prive une lésion de son apport sanguin, et l'embolisation veineuse, qui stoppe un reflux
Deux logiques opposées : couper l’apport de sang à une lésion, ou stopper un reflux veineux anormal.

L’embolisation est réalisée par un radiologue interventionnel : un médecin spécialisé dans les gestes thérapeutiques guidés par l’imagerie. L’intervention a lieu en salle de radiologie interventionnelle, un bloc opératoire équipé pour visualiser les vaisseaux sanguins en temps réel pendant tout le geste.

Comment fonctionne l’embolisation ?

Aucune incision n’est pratiquée : le radiologue interventionnel atteint le vaisseau à traiter en passant par l’intérieur du réseau sanguin, sous contrôle permanent de l’imagerie. Le geste se déroule en trois temps.

1. La ponction. Le radiologue interventionnel introduit une aiguille de moins de 2 mm dans un vaisseau sanguin, artère ou veine selon l’indication : le plus souvent au pli de l’aine (artère fémorale), parfois au poignet (artère radiale) ou au bras. Aucune incision n’est nécessaire, juste un point de ponction millimétrique.

2. La navigation. Par cet accès, il fait progresser un cathéter (un tube souple et très fin, à peine plus large qu’un fil) jusqu’au vaisseau à traiter. Il navigue dans le réseau sanguin sous contrôle d’imagerie permanent, un peu comme un GPS qui affiche sa position en temps réel. Un produit de contraste, injecté par le cathéter, rend les vaisseaux visibles sur les images.

3. Le largage des agents d’embolisation. Une fois le cathéter positionné, le radiologue injecte des microbilles, des spires métalliques (coils) ou des agents liquides (ce qu’on appelle les agents emboliques), choisis selon la pathologie et la taille des vaisseaux. Ils réalisent l’occlusion durable du ou des vaisseaux ciblés.

Ce qu’il faut retenir : pas d’incision, pas de cicatrice, et une précision rendue possible par le guidage en temps réel. Une façon simple de se représenter le geste : plutôt que de retirer une lésion chirurgicalement, on lui coupe l’alimentation, comme on fermerait un robinet.

Les trois temps d'une embolisation : ponction au pli de l'aine, navigation du cathéter sous imagerie, largage des agents emboliques
De la ponction au largage des agents emboliques : le geste se déroule en trois temps, sans incision.

Dans quels cas l’embolisation est-elle proposée ?

L’embolisation traite un éventail de pathologies de plus en plus large, dans plusieurs spécialités. Chaque indication a ses particularités, détaillées dans un article dédié. Voici, en résumé, les principales situations dans lesquelles elle est proposée.

Panorama des indications de l'embolisation : prostate, fibromes utérins, varicocèle, varices pelviennes, douleurs articulaires, fuite veineuse
Les principales indications de l’embolisation, dans plusieurs spécialités.

Adénome de la prostate

Chez l’homme dont l’adénome de la prostate (ou hypertrophie bénigne de la prostate) gêne les mictions, l’embolisation de la prostate (embolisation des artères prostatiques) réduit le volume de la prostate sans chirurgie. Elle est proposée en alternative aux interventions chirurgicales de référence, en particulier lorsque celles-ci sont déconseillées ou non souhaitées par le patient. Elle présente par ailleurs l’intérêt de préserver l’éjaculation.

Fibromes utérins

Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes qui peuvent provoquer des règles abondantes, des douleurs ou une gêne pelvienne. L’embolisation des fibromes utérins consiste à obstruer les artères utérines qui les alimentent : privés de leur vascularisation, ils régressent, tout en préservant l’utérus.

Varicocèle

Une varicocèle est une dilatation des veines du cordon spermatique, source de gêne, de douleurs ou parfois d’un impact sur la fertilité. L’embolisation de varicocèle bouche la veine défaillante pour rétablir une circulation normale, sans les suites d’une chirurgie classique.

Varices pelviennes et congestion pelvienne

Chez la femme, les veines du petit bassin peuvent se dilater et devenir variqueuses : ce sont les varices pelviennes. Elles provoquent des douleurs et une sensation de lourdeur pelvienne chroniques, ce que l’on appelle la congestion pelvienne (ou syndrome de congestion pelvienne). Ces douleurs s’intensifient souvent en fin de journée, après une station debout prolongée ou un rapport sexuel. L’embolisation bloque sélectivement les veines dilatées et redirige la circulation vers des veines saines, ce qui soulage durablement la congestion.

Douleurs articulaires et tendineuses chroniques

Plus récemment, l’embolisation a montré un intérêt dans certaines douleurs articulaires et tendineuses chroniques, résistantes aux traitements habituels (repos, anti-inflammatoires, rééducation) : arthrose du genou, tendinopathie du genou ou du talon, capsulite rétractile de l’épaule (ou épaule gelée), épicondylite du coude. Ces douleurs s’expliquent souvent par une hypervascularisation anormale du tendon ou de la membrane articulaire. En réduisant ce flux sanguin en excès, l’embolisation diminue l’inflammation et la sensibilité douloureuse associée, sans chirurgie.

Troubles de l’érection (fuite veineuse pénienne)

Une minorité de dysfonctions érectiles s’explique par une fuite veineuse au niveau de la verge : le sang s’évacue trop vite pendant l’érection, qui ne se maintient pas. Ici encore, la logique est veineuse : l’embolisation bouche les veines responsables de cette fuite.

Cette indication reste réservée à des situations sélectionnées, chez des patients jeunes, après un bilan spécialisé comprenant un écho-Doppler pénien dynamique. Elle se discute avec l’urologue ou le sexologue qui vous suit, une fois les autres traitements évalués.

Autres indications

L’embolisation est aussi utilisée pour arrêter une hémorragie (on parle alors d’embolisation d’hémostase) : c’est même l’indication historique de la technique, pratiquée en urgence à l’hôpital, notamment après un accouchement ou un traumatisme.

Elle traite par ailleurs les hémorroïdes internes en proctologie, les anévrismes d’organe et les malformations vasculaires. Elle sert enfin à réduire la vascularisation d’une lésion avant une chirurgie, pour sécuriser l’intervention. Le champ d’application de cette technique continue de s’élargir.

Comment se déroule une embolisation ?

Le parcours est globalement le même d’une indication à l’autre. Il se déroule en trois temps, et les modalités précises varient selon la pathologie traitée : elles sont détaillées dans chaque article dédié.

Avant l’intervention

Une consultation avec le radiologue interventionnel permet d’évaluer votre situation, de vérifier que l’embolisation est adaptée à votre cas et de répondre à vos questions. Un bilan d’imagerie (échographie, scanner ou IRM selon les cas) est généralement réalisé au préalable, ainsi qu’une consultation d’anesthésie. Des consignes simples vous seront données : être à jeun quelques heures avant, signaler vos traitements en cours, notamment les anticoagulants.

Au Centre vasculaire Victor Hugo, à Paris 16e, les consultations, les échographies et les écho-Doppler sont réalisés sur place par les spécialistes du centre. Les embolisations, elles, ont lieu à l’Hôpital Américain de Paris (Neuilly-sur-Seine) et à l’Hôpital Privé de Parly 2 (Le Chesnay).

Pendant l’intervention

L’embolisation se pratique sous anesthésie locale, le plus souvent associée à une sédation légère : un anesthésiste vous administre des produits relaxants et antalgiques qui vous laissent conscient et détendu. L’anesthésie générale reste l’exception. L’hospitalisation est courte, souvent en ambulatoire.

La durée du geste varie selon l’indication, le plus souvent entre 30 minutes et 2 heures. Vous êtes éveillé et vous pouvez ressentir une sensation de chaleur passagère au moment de l’injection du produit de contraste. C’est normal et sans danger.

La question qu’on me pose le plus souvent en consultation, c’est : est-ce que je vais sentir le cathéter ? La réponse est non — les vaisseaux ne sont pas sensibles.

Après l’intervention

Une courte période de surveillance suit le geste. Selon l’indication, le retour à domicile a lieu le jour même ou le lendemain. La reprise des activités quotidiennes est généralement rapide, sans les suites d’une chirurgie classique.

Frise du parcours patient d'une embolisation, de la consultation préalable à la reprise des activités
Le parcours type, de la consultation à la reprise des activités. Les délais varient selon l’indication.

Quels sont les avantages de l’embolisation par rapport à la chirurgie ?

Par rapport à une chirurgie ouverte, l’embolisation présente plusieurs atouts :

  • Pas d’incision ni de cicatrice
  • Anesthésie locale le plus souvent
  • Hospitalisation courte, souvent en ambulatoire
  • Récupération et reprise d’activité plus rapides
  • Préservation de l’organe traité (utérus, prostate…), lorsque c’est l’objectif recherché

Ces avantages ne font pas de l’embolisation une solution universellement supérieure à la chirurgie. C’est une alternative, adaptée à certaines situations et pas à d’autres. La décision se prend au cas par cas, en concertation avec le médecin qui vous suit déjà (médecin généraliste, urologue, gynécologue, médecin vasculaire, rhumatologue, chirurgien orthopédique ou sexologue). C’est tout l’intérêt d’une prise en charge pluridisciplinaire.

Quels sont les risques et les effets secondaires de l’embolisation ?

Comme tout geste médical, l’embolisation n’est pas sans risque, même si elle reste moins invasive qu’une chirurgie.

Dans les jours qui suivent, un syndrome post-embolisation transitoire est possible : douleurs, fatigue, parfois une fièvre légère. Il s’agit d’une réaction normale de l’organisme, qui s’atténue en quelques jours et se gère avec des antalgiques simples. Un hématome au point de ponction peut également survenir ; il se résorbe spontanément. Les patients sont souvent surpris de constater que la fatigue des premiers jours les gêne davantage que la douleur.

Des complications plus sérieuses restent rares : réaction au produit de contraste, atteinte d’un tissu voisin non ciblé, échec technique nécessitant un autre traitement.

Certaines situations demandent par ailleurs des précautions particulières, voire écartent le geste : une allergie connue au produit de contraste iodé, une insuffisance rénale, une grossesse, une infection en cours ou des troubles de la coagulation. Elles sont recherchées systématiquement en consultation et lors du bilan préalable. Le radiologue interventionnel évalue le rapport bénéfice/risque avant de proposer le geste, et vous recevez une information complète avant toute décision.

Quand consulter sans attendre après une embolisation ?

Une fatigue, des douleurs modérées et une fièvre légère pendant quelques jours sont attendues. En revanche, contactez le centre ou consultez sans attendre en cas de :

  • fièvre élevée ou qui persiste au-delà de 48 heures
  • douleur qui s’aggrave au lieu de céder, ou qui résiste aux antalgiques prescrits
  • saignement, gonflement ou douleur importante au point de ponction
  • difficulté à uriner, malaise, ou tout symptôme qui vous inquiète

En cas de signe de gravité, appelez le 15.

Questions fréquentes

L’embolisation est-elle douloureuse ?

Le geste lui-même est peu douloureux : l’anesthésie locale insensibilise le point de ponction, et une sédation légère assure votre confort. Une sensation de chaleur passagère peut survenir lors de l’injection du produit de contraste. Des douleurs modérées sont fréquentes dans les jours qui suivent : elles se contrôlent bien avec des antalgiques classiques.

Quelle anesthésie pour une embolisation ?

La grande majorité des embolisations se déroulent sous anesthésie locale, associée à une sédation légère administrée par un anesthésiste pour votre confort : vous restez conscient pendant le geste. L’anesthésie générale reste réservée à des situations particulières. Le type d’anesthésie est décidé avec vous en consultation, avant l’intervention.

Quelle est la durée de convalescence après une embolisation ?

La convalescence est courte : le retour à domicile a lieu le jour même ou le lendemain, et les activités quotidiennes reprennent en quelques jours. Une fatigue et des douleurs modérées sont possibles pendant la première semaine. La reprise du sport et des efforts intenses demande généralement deux à trois semaines, selon l’indication traitée.

Qui pratique l’embolisation ?

L’embolisation est réalisée par un radiologue interventionnel, un médecin spécialisé dans les gestes thérapeutiques guidés par l’imagerie (échographie, scanner, radioscopie). Il travaille en lien avec le médecin qui vous suit (généraliste, urologue, gynécologue, médecin vasculaire, rhumatologue ou chirurgien orthopédique), avec qui l’indication est discutée avant toute décision.

En résumé

L’embolisation est une technique éprouvée et mini-invasive, pratiquée par les radiologues interventionnels du Centre vasculaire Victor Hugo (Paris 16e) pour un éventail d’indications de plus en plus large : adénome de la prostate, fibromes utérins, varicocèle, varices pelviennes, douleurs articulaires et tendineuses, troubles de l’érection, et bien d’autres situations.

Les Drs Massimiliano Di Primio, Idriss Haffaf et Arnaud Pouvelle vous reçoivent en consultation de radiologie interventionnelle pour évaluer si une embolisation est adaptée à votre situation et répondre à toutes vos questions.

Sources médicales

  • Haute Autorité de Santé (HAS)
  • Société Française de Radiologie (SFR)
  • Société Française d’Imagerie Cardiaque et Vasculaire (SFICV)

Le centre vasculaire vous accompagne du diagnostic à la solution thérapeutique.

Une question sur vos symptômes ? Nos médecins vasculaires vous reçoivent au 16e arrondissement de Paris.